Sous l’impulsion de Dimitri Crickillon, naturaliste et photographe, j’ai commencé un cycle de formation à la photo de paysage. Le thème choisi: les 4 saisons de la rivière.
L’automne, c’est au Martin-Moulin que nous nous sommes rendus.
L’endroit choisi: le long de l’Ourthe, au lieu-dit le “rocher du Hérou”. Le site est majestueux. Du haut de cet éperon rocheux, la vue plonge abruptement sur le cours de l’Ourthe. Le lieu est sauvage et se prête parfaitement au difficile exercice de la photo de paysage.
Durant une journée entière, nous nous immergeons, nous nous mêlons intimement à cette nature qui nous entoure.
C’est par -20° C que nous arrivons à destination. Le soleil est sur le point de se lever. Les branches des arbres sont givrés. Un vrai spectacle en noir et blanc. Nous tirons nos premiers clichés tandis qu’une lumière rasante et orangée vif commence à colorer le sommet des plus hauts arbres. Moment magique et éphémère que nous tentons de capturer avec nos reflex. Il s’agit de ne pas louper les quelques secondes à venir. Car après, la lumière sera trop forte et empêchera de photographier dans cette direction.
Lorsque nous regardons vers l’ouest, la magie continue à opérer… Le décor s’illumine lentement, les premiers rochers s’embrasent et contrastent étrangement avec le reste du paysage encore endormi. La rivière s’écoule paisiblement, l’eau est noire comme du charbon.
Nous nous dispersons à la recherche de vues intéressantes et chacun rentre dans son monde de sensibilité, de ressenti et capture ses émotions visuelles. Je réfléchis “technique”: quelle profondeur de champ? La vitesse est-elle suffisante? Quel objectif choisir ? …
Réfléchir sa photo, tenter de la composer dans la tête avant de la tirer, prendre conscience du cadrage à adopter pour rendre ce que je vois avec mes deux yeux…
Je découvre que la photo de paysage, c’est un monde à part entière, qui demande réflexion et construction, qu’il permet le lus souvent de “se poser”… J’ai plus de temps que lorsque je fais de la photo animalière où la rapidité est essentielle car le sujet est mouvant et ses apparitions fugaces.
Quel plaisir qu’une journée comme celle-là vécue à un autre rythme, entouré de passionnés où le temps prend une autre dimension, où le silence nous entoure, où nos sens nous guident.
Merci pour ces beaux instants, Dimitri !


















































































Je n’aime vraiment pas les battues !